Reprise des cours de français à Montpellier ou par Skype

Reprise des cours de français à Montpellier ou par Skype 

Contact : par mail à mongeb@hotmail.fr

ou ci-dessous pour tous renseignements.


 

Professeur de français, bac + 3 + diplôme d’animatrice d’ateliers d’écriture, j’ai plusieurs années d’expérience en soutien scolaire et en cours de français dans des écoles, des collèges, des structures de soutien scolaire et en cours particuliers pour enfants, lycéens , étudiants et en « Français Langue Etrangère ».

Par Skype ou la vidéo de Messenger, téléphone et E-mails, je propose de faire réviser à vos enfants toutes les parties non comprises de leur programme en orthographe, grammaire et conjugaison avant la rentrée des classes ceci afin de leur donner de bonnes bases pour suivre dans la classe supérieure.

J’interviens jusqu’en classe de 1e (préparation des épreuves anticipées du bac, écrit et oral), pour des adultes en français langue étrangère (ou illettrisme), pour des préparations de concours ou pour des corrections d’écrits universitaires ou littéraires.

Travail sur Frontignan, Vic- la- Gardiole, Mireval, Fabrègues, St Jean- de- Vedas, Villeneuve- les- Maguelone et Montpellier sud-ouest.

ou

Accompagnement à distance par Skype et Messenger.

J’accompagne tous les élèves scolarisés ou inscrits au CNED.

Premier contact téléphonique (je vous le donne sur demande) ou Messenger gratuit et sans engagement qui permet de faire le bilan sur les besoins et les attentes votre enfant ou de l’étudiant.

 Travail sérieux.

Après la réception et la validation du contrat ou de la mission et du paiement  sur facture (à l’heure ou au forfait de 15€ (collégiens) à 20€(lycéens), Je propose un suivi en ligne consistant en des échanges tout au long de la semaine (du lundi au vendredi de 10h à 21h et le samedi matin).

La majorité des cours se fait par La fonction vidéo de messenger, par téléphone, Skype ou/et e-mails. Les échanges par mails permettent, si cela est nécessaire, de joindre des copies des exercices ou des épreuves type brevet ou bac rédigés par l’élève ainsi que mes corrections.

Pour s’inscrire ou plus d’informations, remplir le bulletin ci-joint ! Merci

Tarif : 15€ minimum (en fonction du niveau)

Xavier et moi - Copie
Professeur de français à distance   : demande de renseignements ci-   dessous

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Le subjonctif, comment l’employer et l’orthographier ?

Le subjonctif, comment l’employer et l’orthographier ?

Construction du subjonctif :
Afin de conjuguer les verbes au subjonctif, (présent ou passé) on utilise que  ou qu’ (devant le verbe).

Exemples : Que nous dormions ; que vous dansiez ; qu’il soit ;  qu’ils aient, qu’ils viennent.

Il est employé dans :

– les propositions principales et indépendantes pour marquer l’ordrele souhait ou l’indignation ;
– les subordonnées complétives après un verbe ou un nom exprimant une volonté, un sentiment, une possibilité, une nécessité ou un doute – (voir exemples ci-après).

 


Le subjonctif est employé pour exprimer :

1.un doute, (dans une phrase négativeavec les verbes suivants, suivis de que + subjonctif  :

  • Je ne suis pas sûr qu’il y ait (avoir au subjonctif présent) du monde à la piscine aujourd’hui.
  • Je ne suis pas certaine que samedi soit (Etre au subjonctif présent) le bon jour pour partir en vacances.

1bis . Une possibilité, une incertitude :

  • Il est possible qu’il vienne en avion.

2.Une obligation :

  • Le policier exige que vous vous rendiez au commissariat de police demain.

2 bis. Une obligation ou une nécessité  avec le verbe « falloir » dans une expression impersonnelle :

  • Il faut que je termine rapidement mon travail.
  • Il faut que tu saches que je vais partir vivre à l’étranger dans un mois.

3.Le souhait (un fait souhaité) :

  • Je souhaite que tu quittes mon appartement dès demain.
  • J’ai envie que tu me serres dans tes bras.

4.Le désir, l’envie :

  • J’aimerais que nous partions aux Antilles cette année.
  • J’adorerais que tu m’amènes avec toi en weekend.

5.Une peur, une émotion :

  • J’ai peur que tu ailles mal.
  • Je crains que tu ne sois pas amoureux de moi.

6. La condition :

  • Je vous prêterai ma voiture à condition que vous en fassiez un bon usage.

Le subjonctif est également employé dans :
– les subordonnées de temps (postérité) introduites par (avant que , jusqu’à ce que) ;

  • Avant que tu arrives dans ma vie, tout se passait mal pour moi.

– Les subordonnées de concession (quoique, bien que, sans que…;

  • Quoique tu en penses, j’ai beaucoup de sentiments pour toi.

– les subordonnées de but (afin que, pour que…;

  • Pour que tu puisses partir dans de bonnes conditions, tu dois préparer ton trajet.
  • Afin que vous soyez contents, je vous ai préparé un bon dîner.

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Si vous avez besoin d’informations supplémentaires ou de suivre des cours, vous pouvez m’envoyer un message en remplissant les champs ci-dessous.

Béatrice

 

 

 

Le futur et le conditionnel, comment bien les orthographier ?

Le futur et le conditionnel, comment bien les orthographier ?
Afin de distinguer le futur du conditionnel et bien les orthographier, il faut déjà se souvenir  que, Quel que soit le verbe et son groupe, et pour une action qui se passe dans l’avenir , on emploie le futur :

Au futur, à la première personne du singulier, le verbe ne prend pas de  » s »

Le futur et le conditionnel, comment bien les orthographier ?


Afin de distinguer le futur du conditionnel et bien les orthographier, il faut déjà se souvenir  que, quel que soit le verbe et son groupe, et pour une action qui se passe dans l’avenir , on emploie le futur :

  • Au futur, à la première personne du singulier, le verbe ne prend pas de  » s »

  • Exemple d’un verbe conjugué au futur : Demain : je finirai… tu finiras, il finira, nous finirons, vous finirez, ils finiront.


  • On peut aussi l’utiliser le futur pour une supposition (hypothèse sur le futur, incertitude, possibilité de réalisation, conditionssous la forme de :

Si + présent => futur.

Exemples : 1) s’ils construisent une nouvelle école, ce sera un véritable progrès.

2) Si nous buvons du jus d’orange tous les matins, nous serons en forme.

3) Si nous partons à Noël, nous irons au soleil.


  • On peut enfin remplacer dans certains cas l’impératif par le futur.

Exemples : 1) Attendez-moi devant le restaurant ⇒ Vous m’attendrez devant le restaurant.

2) Sers le plat tant qu’il est chaud s’il te plaît ⇒ Tu serviras le plat tant qu’il est chaud s’il te plaît.


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  • Au conditionnel, il en prend un  » s » à la première personne du singulier, et prend un « i » à la première et 2eme personne du pluriel. Enfin, il se termine par « aient » à la 3eme personne du pluriel.

Exemple du verbe « finir » : Si c’était possible, je finirais, tu finirais, il finirait, nous finirions, vous finiriez, ils finiraient.

Comme vous avez pu le constater, 1) On note que la phrase commence par un « si » qui reflète une hypothèse, 2) On utilise le temps l’imparfait dans la première partie de la phrase et le conditionnel présent dans la 2nd partie.

Si + imparfait ⇒ conditionnel

Exemples : on l’emploie pour une exprimer une condition, avec la formule : si + imparfait => conditionnel.

Si nous soutenions ce candidat, il pourrait être élu.

Si elle parlait mieux l’anglais, elle vivrait au Canada.

  • On l’emploie pour exprimer un souhait.

J’aimerais être une actrice. J’aurais une garde-robe magnifique.

  • On l’emploie pour s’exprimer de manière polie.

Accepteraistu de me déposer à la gare ?

Je voudrais un pain aux raisons s’il vous plaît.

  • On l’emploie pour transmettre une information incertaine (une hypothèse).

Il y aurait une panne d’électricité.

Je devrais aimer cet hôtel.

L’e-book pourrait voir le jour d’ici cinq ans.


Pour parler d’une hypothèse sur le passé, on utilise si + plus que parfait et le conditionnel passé.

Si tu avais été (v. être) grand, tu aurais pu (V. Vouloir) passer ce filet sans problèmes.

 


Pour en savoir plus, n’hésitez pas à me laisser un message ou à me commander des cours à distance !

 

 

 

L’accord du participe passé : du plus facile au plus difficile

L’accord du participe passé: du plus facile au plus difficile
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Quand il est employé comme adjectif épithète ou attribut, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le sujet auquel il se rapporte. 

L’accord du participe passé: du plus facile au plus difficile

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  • Quand il est employé comme adjectif épithète ou attribut, le participe passé s‘accorde en genre et en nombre avec le sujet auquel il se rapporte

Exemple : un être aimé / des tâches finies


Avec l’auxilliaire « avoir »

  • Si le C.O.D. est placé après le participe passé
    Le participe passé employé avec le verbe avoir ne s’accorde pas avec son C.O.D. lorsque ce C.O.D. est placé après le verbe.
    Exemple : Les petits enfants ont cueilli des fleurs. 
    -> Le C.O.D. « des fleurs » est placé après le participe passé. -> Pas d’accord du participe passé.

 

  • Le COD ne peut se trouver placé avant le verbe dans les trois cas suivants  :

Dans une proposition relative introduite par que  :

Les personnes que Sylvie avait rencontrées étaient tout à fait charmantes.

Dans une phrase interrogative : lorsque l’interrogation porte sur le nom (ou le pronom) complément d’objet direct, celui-ci est nécessairement placé au début de la proposition :

Combien d’occasions (COD) elle (sujet) avait manquées.

  • Si le COD est un pronom personnel : celui-ci est toujours placé devant le verbe. Ce pronom peut être l’ (le ou la) ou bien les (représentant un nom masculin ou féminin).

Les chauffeurs avaient garé les camions sans les avoir déchargés.


S’il y a un COI :

  • On identifie un COI en se posant la question A QUOI, A QUI, DE QUOI, DE QUI
  • Avec un COI, il ne faut faire aucun accord lorsqu’il est placé avant le verbe.

Exemple : Il lui a demandé (à sa femme), si elle partait faire les courses. Lui est COI, donc pas d’accord à  » demandé.


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L’accord du participe passé suivi d’un verbe à l’infinitif

  • Pour savoir si le participe passé s’accorde ou non, il faut identifier le sujet du verbe à l’infinitif. 

A. Le sujet fait l’action indiquée par l’infinitif
Si le sujet fait l’action indiquée par l’infinitif, le participe passé s’accorde.
Exemple : Corinne, que j’ai observée coudre.
-> C’est Corinne qui réalise l’action de coudre.
-> On accorde donc le participe passé qui précède l’infinitif.

 B. Le sujet subit l’action indiquée par l’infinitif

Si le sujet subit l’action indiquée par l’infinitif, le participe passé ne s’accorde pas.

Exemple : La musique que j’ai entendu  (on ne peut pas intercalier en train de jouer).
-> La musique est jouée, mais elle ne « joue » pas.
-> La musique n’est pas le sujet du verbe jouer.
-> Pas d’accord du participe passé qui le précède.

 


L’accord du participe passé « fait » devant un infinitif

  • Si le participe passé « fait » est placé devant un infinitif, alors il reste invariable et ne s’accorde pas avec son sujet, même si celui-ci est placé devant.

Cette règle s’applique avec l’auxiliaire avoir, et avec l’auxiliaire être dans le cadre d’une forme pronominale.
Exemples avec l’auxiliaire avoir : Elle les a fait déjeuner. / La quiche que j’ai fait cuire.
Exemple avec l’auxiliaire être : Les tricheuses se sont fait gronder.

Sinon, Le participe passé « FAIT » suit la règle générale et s’accorde avec le COD placé avant.

Exemple : ils vont expier les fautes qu’ils ont faites.

  • Pour l’accord du participe passé laissé devant un infinitif, les avis sont partagés : certains estiment que ce participe passé reste invariable (comme pour la règle qui s’applique au participe passé fait devant un infinitif), d’autres optent pour son accord en genre et en nombre avec son sujet.

Exemple avec l’auxiliaire avoir :
La jeune fille que j’ai laissé(e) conduire.


L’accord du participe passé précédé de « en »

 A. Si en est C.O.D. 
Si en est C.O.D., on considère alors qu’il n’a ni genre, ni nombre. Le participe passé qui le suit ne s’accorde pas.
Exemples : Des bonbons ? Il en a mangé beaucoup ! / De ces bonbons, combien en avez-vous mangé? / De ces bonbons, j’en ai beaucoup mangé.

 B. Si en est C.O.I.
Si en est C.O.I., il peut alors être supprimé sans affecter le sens de la phrase. Le participe passé s’accorde alors avec son C.O.D..
Exemple : Ce manteau a eu un grand succès commercial : les copies qu’on en a faites sont nombreuses.


L’accord du participe passé des verbes coûter, valoir, vivre, peser, marcher, plaire, courir..

  • Verbes intransitifs au sens propre
    Ces verbes ont la particularité d’être intransitifs au sens propre, donc avec un participe passé invariable. Ils sont alors accompagnés de compléments circonstanciels, à ne pas confondre avec des C.O.D.
    Exemples :
    Les quatre mille euros que cette réparation m’a coûté. -> Combien m’a coûté la réparation ?
    La fortune que ces achats ont valu. -> Combien ont valu ces achats ?
    Les kilos que ce paquet a pesé. -> Combien de kilos a pesé ce paquet ?
    Les heures que j’ai couru. -> Combien d’heures…?
    Les quarante années que j’ai vécu. -> Combien d’années… ?

                   L’accord du participe passé des verbes pronominaux

Les cas d’accord
1. Le participe passé s’accorde avec le sujet du verbe, lorsque le sujet fait l’action sur lui même.
Exemples : Ils se sont aperçus de leur erreur. / Ils se sont lavés. / Ils se sont battus.

2. Le participe passé s’accorde avec son C.O.D en genre et en nombre lorsque le C.O.D. précède le verbe (même règle qu’avec l’auxiliaire avoir).
Exemples : les mains qu’ils se sont lavées / les lettres qu’ils se sont écrites/ les billets qu’ils se sont répartis.

3.Les cas de non-accord
1. Le participe passé ne s’accorde pas lorsque C.O.D. suit le verbe.
Exemples : Ils se sont lavé les mains. / Ils se sont écrit des lettres./ Ils se sont réparti tous les billets.

2. Le participe passé ne s’accorde pas lorsque le verbe pronominal réfléchi ou réciproque admet un C.O.I.

Avec le verbe  » Permettre » :

«Quand ‘permettre’ est à la forme pronominale, les pronoms compléments «me», «te», «se», «nous» ou «vous» sont indirects et ne commandent donc pas l’accord.»

Exemple:

«Elle s’est permis d’étonnantes remarques.»

En revanche, si le COD est placé devant le verbe, le participe passé de «permettre» se termine par un «e».

Exemple: «L’intervention qu’il s’est permise.»

Les participes passés des verbes suivants sont invariables :
se plaire, se complaire, se déplaire, se rire, se convenir, se nuire, se mentir, s’en vouloir, se ressembler, se sourire, se suffire, se survivre.

Exemples : Ils se sont plu. / Ils se sont déplu dans cet appartement. / Elles se sont ri de son erreur.

 


 

Les bonnes de J.Genet : réponses aux questions et dissertation

Les bonnes de J.Genet : réponses aux questions et dissertation

 

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Les bonnes de J.Genet : réponses aux questions et dissertation

 

Questions

1) Qui est Jean Genet ?

Né le 19/12/1910 ; Mort à Paris (France) le 15/04/1986. Jean Genet est un écrivain, poète et dramaturge d’origine française. Considéré comme un des auteurs marquants du XXe siècle, il dépeint d’une écriture poétique et recherchée la perversion, l’érotisme et l’homosexualité.

Quels événements importants ont marqué sa vie ?

De père inconnu, il est abandonné par sa mère quelques mois après sa naissance et connaît une enfance difficile. Jean Genet devient un enfant de l’assistance publique. Placé dans une famille du Morvan qui lui offre une éducation communale, il passe une enfance heureuse. L’écrivain en devenir est bon élève, mais extrêmement réservé. Ses premiers émois masculins remontent à cette époque.

À l’âge de dix ans en 1920, injustement accusé de vol, il est envoyé dans une maison de correction. C’est le début d’une longue trajectoire « délinquante » qui, après des années de vie vagabonde en France et en Espagne. le conduit à la prison en 1942, plus précisément à Fresnes, où il écrit son premier poème, Le Condamné à mort.

A 13 ans en 1923, Jean Genet est placé d’office hors de sa famille d’accueil. À force de fugues, il se retrouve en colonie pénitentiaire.

A la suite d’une série de fugues et de délits mineurs, il connaît sa première expérience carcérale à quinze ans avant d’être mis en détention jusqu’à sa majorité à la colonie pénitentiaire de Mettray.

A 18 ans en 1928, il s’engage dans la Légion étrangère. Il découvre alors l’Afrique, continent qui ne cessera de le hanter.

Il déserte l’armée en 1938 (à 28ans) pour rentrer à Paris où il vit d’errance et de menus larcins.Durant un an, il vagabonde à travers l’Europe avec de faux papiers. De retour à Paris, il fait l’objet, en l’espace de sept ans, d’une douzaine d’inculpations pour désertion, vagabondages, falsification de papiers et vols.

Il passe de fréquents séjours en prison et en 1942,est incarcéré  à Fresnes, où il écrit son premier poème, Le Condamné à mort.

Encensé par Cocteau et Sartre, Genet fréquente les milieux artistiques parisiens et devient dramaturge. Sa pièce la plus célèbre reste « Les Bonnes » qui est jouée En 1947 et  publiée en 1954

Jean Genet passe ensuite la fin de sa vie à combattre les minorités. Grand défenseur de la cause palestinienne, il combat en faveur de l’homosexualité et des anticolonialistes.

C’est en prison qu’il rédige la même année « Notre-Dame-des-Fleurs » et l’année suivante, « le Miracle de la rose ». Il est sur le point d’être condamné à la relégation perpétuelle lorsque Jean Cocteau intervient en sa faveur devant les tribunaux. Il est libéré en 1944. De 1945 à 1948, il écrit coup sur coup trois romans, Pompes funèbres, Querelle de Brest et Journal du voleur, un recueil de poèmes, un ballet et trois pièces de théâtre : Haute Surveillance, les Bonnes et Spendid’s. Sur une pétition d’écrivains lancée par Cocteau et Sartre, il obtient enfin une grâce définitive en 1949.

Entre 1955 et 1961, Genet écrit et publie le Balcon, les Nègres et les Paravents qui le placent au premier rang des dramaturges contemporains. Malgré l’intérêt qu’il manifeste pour la création des Paravents à Paris en 1966 et la publication de ses Lettres à Roger Blin, il connaît une période de dépression et même une tentative de suicide. À partir de décembre 1967, il entreprend un long voyage en Extrême-Orient.

Rongé par le cancer, Genet meurt d’une chute le 15 avril 1986. Il est enterré au Maroc.

2) Jean Genet  jouent une scène à l’intérieur de la pièce : il s’agit de théâtre dans le théâtre.Le théâtre dans le théâtre est une pièce dans laquelle, à un moment donné, les comédiens jouent une pièce de théâtre à l’intérieur même de la pièce ou mise en abyme. (inspiré par l’histoire des soeurs Papin, qui le 2 février 1933, assassinaient leur patronne dans des circonstances effroyables).

La construction de l’action dramatique selon cinq étapes, sur une journée et dans un seul lieu rappelle celle du théâtre classique. C’est du Nouveau théâtre, philosophie de l’absurde.

Précisez le rôle joué par chacune d’elles, résumez l’action qu’elles mettent en scène.

Du début jusqu’à la sonnerie du réveil : du jeu de rôles très ritualisé au brusque retour à la réalité, puis de la sonnerie du réveil à celle du téléphone : l’échec de la machination des bonnes. De la sonnerie du téléphone jusqu’à l’entrée en scène de Madame : les préparatifs de l’assassinat de Madame. De la sonnerie à la porte d’entrée annonçant l’arrivée de Madame à sa sortie de scène : le complet retournement de situation (Monsieur envoyé au bagne, Madame désespérée et voulant se retirer du monde puis relaxe de Monsieur, victoire triomphale de Madame sur le sort). Du départ de Madame à la fin : la catastrophe finale et l’apothéose des bonnes.

La pièce Les Bonnes de Jean Genet, jouée pour la première fois en 1947, n’est divisée ni en actes ni en scènes ou tableaux. L’action se déroule dans un seul et même lieu confiné, la chambre de Madame au service de laquelle officient Claire et Solange.

Sans préambule, l’histoire commence par deux soeurs qui se disent «bonnes», se prénomment Claire et Solange et qui s’amusent à un drôle de jeu, comme jouent les enfants «au papa et à la maman» à tour de rôle. Sauf que dans leur jeu, elles font intervenir une troisième personne absente, qu’elles nomment «Madame» et qu’elles adorent interpréter.
Jeu de rôles apparemment sans conséquence s’il ne se transformait pas en rituel. Car sans guide, la conduite d’un rituel devient irresponsable, portée à tous les dérèglements et parfois à la mort.

Claire joue Madame. Solange joue le rôle de Claire et/ou de Solange. Madame (Claire) se croît accusée par ses domestiques d’avoir entraîné l’emprisonnement de Monsieur et elle s’en défend. Elle est très agressive et s’en prend tour à tour à l’une ou l’autre. Puis Solange se rebiffe : « J’en ai assez d’être un objet de dégoût. Moi aussi je vous hais ». Claire devient elle aussi agressive. C’est la « révolte des bonnes« . La maîtresse est accusée de convoiter Mario le laitier – qu’une des bonnes semble apprécier. Alors que Solange semble être sur le point d’étrangler sa maîtresse, le réveil sonne (il annonce l’arrivée imminente de Madame).

Claire décide de tuer leur maîtresse en plaçant du gardénal dans sa tisane de tilleul. Solange quitte la scène, Madame entre. (P. 65) Elle affirme qu’aimant Monsieur, elle le soutiendra jusqu’au bout, qu’il soit coupable ou non des vols dont on l’accuse. Son chagrin l’accable. Elle affirme l’affection qu’elle porte aux bonnes et confirme qu’elles seront son héritière. Solange apporte le tilleul mais Madame ne le boit pas. Elle se rend compte que le récepteur du téléphone n’a pas exactement à la même place et les bonnes sont obligées de lui dire qu’il a appelé et qu’il l’attend au « Bilboquet ». Madame sort.

Solange reproche à Claire de ne pas avoir su faire boire la tisane à Madame. Toutes deux paniquent, certaines qu’elles vont être découvertes.

(Claire reprend le rôle de Madame, Solange joue tour à tour l’une ou l’autre des deux bonnes) (P. 96)

Claire est allée jusqu’au bout : elle a joué le rôle de Madame jusqu’à la mort.

  • Tradition du couple maître/valet dans la comédie (Molière, Marivaux) à des fins comiques. Traces d’humour dans le langage : « Diposez la traîne, traînée ! » (jeu sur l’expansion lexicale et sémantique) , « Madame s’emporte ! / Dans ses bras parfumés le diable m’emporte » (sens figuré/sens propre), « Claire est là, plus claire que jamais ! », « Madame s’égare » / « N’égarez pas vos mains » (sens figuré pour parler de Madame/Claire, sens propre pour parler de Claire/Solange), « M’interdire ! Plaisanterie ! Madame est interdite ».

  • Comique dans les gestes : Claire repousse Solange qui tombe (« Solange accroupie vacille et recule »)

Les bonnes qualifient leur jeu de « cérémonie ». Expliquez le choix de ce mot.

La cérémonie consiste à imiter Madame dans sa chambre qui donne des ordres et qui se fait servir, qui montre sa supériorité physique, morale et sociale et qui humilie, et à montrer la révolte de la servante prête à la tuer (48).

Double je(u) – Genet ouvre sa pièce sur la facticité du jeu des bonnes, la “cérémonie” : ce théâtre dans le théâtre donne à voir des personnages condamnés à jouer un rôle et qui, prisonniers du regard de l’autre – altérité autant désirée que détestée – rêvent douloureusement leur reconnaissance par le crime. La mort, principe de réalité clôture la cérémonie et met un coup d’arrêt à la progression hyperbolique des fantasmes et à l’exacerbation des relations pathologiques des personnages.

Les objets ont un rôle prépondérant dans la pièce. Accessoires indispensables au bon déroulement de la cérémonie, ils semblent par contrecoup dénoncer les agissements des bonnes (le réveil oublié, la clé du secrétaire déplacée, le combiné du téléphone décroché…). En outre, ils remplissent une fonction structurelle en signalant clairement les différentes étapes de l’action.

3) Les bonnes éprouvent l’une envers l’autre des sentiments contradictoires. Montrez-le en précisant quels sont ces sentiments.

Ces deux sœurs s’adonnent à un jeu de rôle qui constitue à lui seul le drame de la pièce : elles reproduisent à tour de rôle leur quotidien avec leur maîtresse et miment son assassinat jusqu’à ce que la schizophrénie ne les rattrape définitivement de façon macabre. Le reflet qu’elles produisent de leur quotidien de bonnes ainsi que les déformations qu’elles y apportent sont par conséquent les enjeux centraux de la pièce, le lecteur n’ayant aucun point de comparaison avec la réalité.

Elles ne parviennent pas à échapper à la forme de fatalité qui les accable, à savoir leur étouffement progressif au service d’une maîtresse qu’elles adorent et haïssent à la fois. Ce jeu finit par se retourner contre les 2 sœurs qui en viennent à se détester : elles se détestent car chacune d’elle renvoie à l’autre sa condition et provoque un dégoût mutuel : le double de l’autre.

Le duel psychologique : la fin de la farce

La situation se retourne quand vient le moment de choisir la robe. Madame/Claire se sent menacée : « Insulte ta maîtresse ! », « J’écoute bourdonner déjà tes accusations », (impératif et « déjà » = outils grammaticaux de l’anticipation) et menace à son tour, mais elle est seule à participer à ce duel imaginaire (Solange/Claire ne dit rien). Scène de paranoïa.

  • Madame / Claire associe un mélange de peur et de dégoût à l’égard de Solange/Claire : lors de l’habillage, Madame enchaîne les ordres et repousse finalement sa bonne en invoquant son odeur nauséabonde. Le langage est diffus, confus, contradictoire.

  • Solange/Claire finit par avouer sa haine à Madame et lui crache dessus. Nous sommes à présent, dans le jeu des deux sœurs, au stade de l’invention dramatique qui conduit à l’étranglement de la fin du passage et non plus dans le strict mimétisme. Le théâtre exprime le secret de l’âme, les pensées et désirs cachés (voir « Comment jouer Les Bonnes »).

Madame -Claire- tient des propos très violents sur les domestiques. Solange se dirige vers elle. Claire et Madame semblent se confondre, elles prennent peur face à sa femme qui veut les tuer – elle et son rôle. Puis Claire demande à Solange de lui verser son tilleul mais cette dernière refuse. Finalement, elle se laisse convaincre et sert la tisane à sa soeur.

4) Quelle attitude Madame adopte-t-elle envers ses bonnes ?

De la bienveillance, qui n’est que l’autre facette de la condescendance, de la bourgeoise envers ses domestiques. « Madame » dit à Claire et Solange :  » Vous êtes un peu mes filles ». Sauf qu’il s’agit de filles à tout faire, soumises à ses moindres requêtes, des non-êtres, des femmes objets, ce qui conduira l’une d’entre elles à évoquer « l’inutilité de notre condition ». L’histoire tournera à la tragédie puisqu’à défaut d’éliminer « Madame », comme en rêvaient les deux soeurs, c’est Claire qui absorbera le poison fatal dans un final déchirant.

5) Qu’est-ce qui pousse les bonnes à se révolter ?

« La révolte des bonnes » 30 :

L’enfermement : pers. qui manque d’air (p. 33 : il fait lourd ; j’étouffe 51) : continuellement au service de Madame = comme une prison = ne peuvent plus partir, ne savent plus où aller

La haine envers leur maîtresse : réplique de Solange qui crie sa haine et révèle à Claire (la maîtresse) qu’elle ne l’intimide plus (28) : la supériorité

– Une haine qui ne se justifie que par l’étouffement de la maîtresse qui est « bonne » : « Madame nous tue avec sa douceur ! Avec sa bonté, Madame nous empoisonne » (90)

Le rejet de leurs conditions sociales : le statut social est cause de souffrances et débouche sur la révolte : les violentes exclamations de Claire qui imite sa maîtresse en train de donner des ordres (59) mais la maîtresse est douce, bonne.

– La bonne n’existe que par la voix, les ordres de la maîtresse : « Par moi, par moi seule, la bonne existe. Par mes cris, par mes gestes » (27)

Le refus de l’asservissement : conquérir leur liberté et accéder au rang d’humain (100)

La haine de soi : comme des parias, des intouchables (Claire, maîtresse, ne veut pas que Solange, servante, la touche) : honte d’elle-même (elles vivent dans une mansarde et dans la cuisine) : elles ne peuvent pas s’aimer : solitude affective

– La différence de statut qui fait qu’elles pensent que leur maîtresse les déteste alors qu’elle leur parle affectueusement et qu’elle les considère comme ses filles (sa fortune) 74

Le mécanisme de l’intrigue se grippe, cependant que les bonnes se font piéger à leur propre jeu. Bientôt, la fausse accusation de Monsieur qu’elles ont ourdie, afin qu’il soit enfermé en prison, leurs projets de meurtre de Madame, et jusqu’à leurs jeux barbares… tout sera étalé au grand jour. Ainsi, cependant que l’utopie qu’elles ont patiemment mis au point vole en éclat, les deux bonnes, qui ont passé le plus clair de leur temps à répéter des rôles, à penser, dans le moindre détail, un rituel, doivent, pour la première fois, improviser leur propre vie…

6) La pièce est violente ; de quelle violence s’agit-il ?

Sacrées ou non, ces bonnes sont des monstres, comme nous-mêmes quand nous rêvons ceci ou cela. Les 2 sœurs prononcent des propos d’une grande violence lors du jeu de rôle : violence verbale : « crachats » (16), « traînée » (25) : humiliation :La violence physique entre elles : les didascalies p. 24 et 2.La violence physique contre la maîtresse : l’empoissonner, emprisonnement du mari pour voir la maîtresse en larmes : « la révolte des bonnes ».

Comment est-elle montrée ?

Le dénouement catastrophique prend la forme grandiose d’un final très ritualisé.

7) En quoi la fin est surprenante ? Comment l’expliquez-vous ?

C’est finalement Claire qui prend le tilleul et meurt : suicide de Claire.

Claire ne supporte plus sa condition et ne se supporte plus (à travers son double) : la lâcheté, la soumission : en se suicidant, elle acquiert le statut du héros tragique : le courage du héros et le poids de son destin (la fatalité : sont maudites 93, 103, 102).

Claire, Madame meurt et Solange est prisonnière (Monsieur) : en prison, Solange retrouve la liberté morale : ne sera plus au service de Madame (111) : « tu seras seule pour vivre nos deux existences ».

Le dénouement catastrophique prend la forme grandiose d’un final très ritualisé où Solange et Claire connaissent chacune à leur façon une sorte d’apothéose. Par l’usage qu’elles font du langage et le rituel qu’elles inventent, elles dépassent la condition de simple servante pour se hausser au rang de personnages hors du commun, grandioses, donc dignes d’un registre tragique. À noter que Les Bonnes est la pièce de Genet la plus souvent représentée dans le monde.

C’est en accomplissant un meurtre que les héroïnes des Bonnes règlent leurs comptes personnels et pour ainsi dire « existentiels ». Elles rêvent du bagne comme d’une suprême élévation-libération pour des filles sans filiation ni situation. Genêt réclame une pénitence qui serait en même temps la récompense de leur mal-être.

Ainsi, les banales servantes sans nom ni prestige s’avèrent-elles des héroïnes tragiques accédant à une gloire éclatante par un accomplissement fantasmatique de leur geste criminel de matricide et de fratricide.

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Plan détaillé de dissertation sur le sujet suivant :

Dans un ouvrage général sur le théâtre de Jean Duvignaud et Jean Lagoutte, il est écrit que le vrai public est celui qui va au théâtre pour « passer une soirée ». Pensez-vous aussi que le théâtre est un divertissement ?

Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur les textes que vous avez étudiés en classe, sur vos lectures personnelles ainsi que sur les représentations théâtrales que vous avez pu voir .

Introduction : Problématique  :  Le théâtre n’est t’il que divertissement ?

Le théâtre a fait son apparition pendant l’Antiquité à l’occasion de cérémonies religieuses ou de débats politique. Avec le temps, il a évolué vers un loisir destiné à satisfaire les goûts populaires. Il se déroulait en plein air et était gratuit. Le théâtre était donc un service public de divertissement. Dans un ouvrage général sur le théâtre de Jean Duvignaud et Jean Lagoutte, il est écrit que le vrai public est celui qui va au théâtre pour « passer une soirée. La question que l’on peut se poser est de savoir si le théâtre est un divertissement?  A t-il pour seule fonction de divertir ou en a t-il d’autres ? Le théâtre est-il un simple moyen de se divertir ou a-t-il un but plus utilitaire ? Pour répondre à cette question, nous verrons tout d’abord que le divertissement est bel et bien l’une des fonctions principales de cet art. Puis, nous constaterons que l’autre fonction principale est de susciter la réflexion et symboliser la réalité et enfin qu’il peut instruire en amusant.

I- Un divertissement de tous les temps

Plaisir esthétique :

I. Le théâtre peut et doit divertir car il est d’abord un divertissement, un loisir. Divertir comme un spectacle. Dans la Grèce antique, les spectacles dramatiques faisaient partie des fêtes et étaient l’objet de concours où l’on se divertissait, c’est-à-dire où l’on se distrayait en groupe. C’est en effet un véritable plaisir que de se rendre au théâtre, au même titre que de visiter un musée ou d’assister à un concert. On venait pour y apprécier la beauté d’un spectacle : les décors somptueux des drames romantiques de Hugo, avec leur reconstitution historique, costumes, jeux d’éclairage, musique… tout y flattait l’œil et l’oreille. Les spectateurs venaient voir, mais aussi « entendre. Les vers lyriques et poétiques de Bérénice de Racine, les monologues romantiques de Ruy Blas..

Du théâtre de foire au Moyen-Age au café-théâtre d’aujourd’hui en passant par tous les spectacles de rue au XVIIème, le théâtre est divertissant parce qu’il emmène son public dans un univers imaginaire pour le temps de la représentation.

En allant voir du théâtre, le spectateur est transporté dans un autre monde. « Il y a des arbres en carton, des palais de toile, un ciel de haillons, des diamants de verre, de l’or de clinquant, du fard sur la pêche, du rouge sur la joue, un soleil qui sort de dessous terre », dit Hugo, qui suggère que ce « pays de l’irréel » qu’est le théâtre procure avant tout un plaisir esthétique.

Divertir par le jeu et l’illusion, péripéties variées, rythmes, situations cocasses et burlesques.

Le théâtre se présente parfois comme un pur jeu. Jeu sur scène, jeu du spectateur aussi : les pièces de Marivaux, avec leur double déguisement des maîtres en valets et des valets en maîtres – comme dans Le Jeu de l’amour et du hasard – entraînent le spectateur dans un imbroglio étourdissant, dont il doit démêler les fils et prévoir les développements. Il est divertissant de voir Silvia et Dorante pris à leur propre piège, construit sur leur changement volontaire d’identité, et bien embarrassés dans cette intrigue compliquée à loisir.

Divertir en créant l’émotion :  le comique, pour rire, les paroles dans les comédies de caractère et la fonction dramatique et libératrice de la tragédie.

« Il pleure et il rit » Il s’agit aussi d’émouvoir… pour que les salles frémissent aux horreurs, ou éclatent de rire aux plaisanteries » « Il pleure et il rit »… Et la palette d’émotions que suscite le théâtre est très large, parce qu’il présente une infinité de registres. Être ému, c’est être arraché à son état habituel, tout comme se « divertir » ou se « distraire », c’est « se détourner loin de »… la vie et de la réalité quotidiennes. La gamme d’émotions que suscite le théâtre ne manque pas de variété : c’est le rire franc que font naître les farces de Molière comme « Le Médecin malgré lui » ou la fameuse scène du sac dans « Les Fourberies de Scapin« . Le théâtre, plus que d’autres modes d’expression, est propre à faire rire par son « incarnation » : les gestes, les mimiques, mais aussi les quiproquos, les rencontres inattendues, les retournements de situations, les… portes qui claquent ! Le théâtre de Molière n’en manque pas, qui regorge de malentendus et de coups de théâtre divertissants qui suscitent un rire franc, sans arrière-pensée.

 Distraire de l’ennui de la vie, de la réalité 

Or, au théâtre, le spectateur oublie les tracas de la vie, il se divertit, au sens pascalien du terme : le spectacle d’une destinée qui s’éloigne de la banalité divertit. Ainsi, le théâtre présente des situations et des personnages hors du commun, qui distraient au sens propre. Parfois même, le théâtre fait vivre sous les yeux du spectateur des personnages fantastiques qui l’emmènent dans un monde qui n’existe pas : a-t-on jamais rencontré un spectre qui parle ou une statue qui vit – comme celle du Commandeur qui précipite Dom Juan aux Enfers de Molière– ? a-t-on jamais vu des hommes se transformer en rhinocéros dans Rhinocéros de E. Ionesco ? ou encore une jeune femme morte qui ressuscite et étrangle son père, comme dans L’Horrible expérience d’A. de Lorde et A. Binet (1909).  Le théâtre permet ainsi au public de vivre une autre vie, de réaliser des rêves que le quotidien lui refuse.

Est-ce simplement un divertissement, un spectacle esthétique, avec de beaux décors, costumes et lumières ? ou est-ce un miroir que le dramaturge tend à ses semblables pour leur dévoiler leur noirceur, celle de l’humanité, avec pour but corollaire de mettre en garde le public, de le rendre meilleur par le spectacle des perversités dont il doit se garder ? Comme dans la comédie de Molière « l’avare » qui cache son argent dans le jardin. Les tragédies, où le public éprouve du plaisir à s’émouvoir pour des personnages perdus, impuissants ; le spectateur est tout entier pris par le jeu des passions – jalousie et pouvoir  par exemple dans Britannicus.

II – le rire peut aussi susciter la réflexion
¤ dédramatise
¤ dénonce
¤ fonction morale (mise en évidence, correction des vices)
¤ tradition de l’humour intelligent, fin, noir ; souvent pessimiste

Appuis : « Le mariage de Figaro » de Beaumarchais (1784)
« la cantatrice chauve » de Ionesco
« L’école des femmes » de Molière

Le théâtre est un divertissement, un moyen de se cultiver ou une évasion pour des personnes seules ou en groupe. C’est un spectacle pour les yeux, pour les oreilles, pour l’intelligence avec les jeux de mots et les différents comiques, mais il peut aussi faire réfléchir en mettant en scène des paradoxes, en critiquant la société, en proposant  des thèses, ou en exposant les grands thèmes de l’existence humaine. il peut proposer une réflexion sur le monde, la réalité, la société.

Tragédies :  crainte, angoisse, pitié, catharsis détourner (c’est le sens étymologique) l’esprit des mauvaises pensées (de la mort notamment).
De là, pense à l’effet CATHARTIQUE des tragédies.

Faire réfléchir en divertissant
«  le devoir de la comédie est de corriger les hommes tout en les divertissant «  Moliere

A.    en critiquant la société ( ex : Tartuffe de Moliere)
B.    en dénonçant des problèmes de la société ( Les noces de Figaro, Beaumarchais )
C.    en ridiculisant des traits de caractère ( l’Avare de Molière ) «  le devoir de la comédie est de corriger les hommes tout en les divertissant «  Moliere

III Instruire  tout en amusant  

« Instruire et plaire » Le théâtre est-il fait soit pour divertir, soit pour dénoncer le mal ? Y a-t-il exclusivité ? Ne peut-on combiner ces deux fonctions et répondre ainsi à ces deux aspirations : « instruire et plaire » ? Et comme il est vrai que la nature humaine est ainsi faite qu’elle ressent une attirance irrésistible pour les personnages maléfiques et diaboliques, n’est-ce pas la satisfaire, lui plaire que de lui représenter cette noirceur des hommes sur une scène, sans qu’elle déborde dans la salle de spectacle, et ainsi apaiser ses tendances au mal par le spectacle du mal fait par autrui ? Au fond, le théâtre « doit » attirer le public. Or, celui-ci est aussi varié que la nature humaine. Hugo, dans sa préface à Ruy Blas écrit : « Ce que la foule demande presque exclusivement à l’œuvre dramatique, c’est de l’action ; ce que les femmes y veulent avant tout, c’est de la passion ; ce qu’y cherchent plus spécialement les penseurs, ce sont des caractères (c’est-à-dire des hommes) ». Un dosage est par conséquent sans doute nécessaire pour satisfaire les aspirations de chacun.

Une autre fonction du théâtre ? Mais il est sans doute une fonction plus fondamentale que doit remplir le théâtre : rassurer le spectateur sur son angoisse existentielle que définit bien Lechy Elbernon dans L’Échange de Claudel : « L’homme s’ennuie et l’ignorance lui est attachée depuis sa naissance. Et ne sachant de rien comment cela commence ou finit, c’est pour cela qu’il va au théâtre ». Le Chambellan d’Ondine de Giraudoux complète cette spécificité du théâtre : il fait « se dérouler (…) la vie à la vitesse et à la mesure non seulement de la curiosité, mais de la passion humaine (…). C’est le grand avantage du théâtre sur la vie, il ne sent pas le rance ». Voilà sans doute la fonction primordiale du théâtre.

Beaucoup de questions se posent  vis-à-vis du rôle du théâtre auprès des lecteurs, ou des spectateurs. Le théâtre serait-il consacré à nous distancer de la réalité et à nous asthétisier dans des distractions superficielles? Si le divertissement est bien l’une des fonctions majeures de ce spectacle, il est tout aussi vrai qu’il a pour second rôle de symboliser la réalité, il possède un rôle didactique et critique. Pourtant, le théâtre atteint son apogée quand sa représentation lie l’utile à l’agréable, lorsqu’il nous cultive tout en nous amusant.

Appuis : comédies :  » Le malade imaginaire « , « L’avare » (personnage d’Harpagon), « Tartuffe » de Molière, ainsi que « l’école des femmes » (Arnolphe et Horace, l’amour d’Agnès) ou encore « le bourgeois gentilhomme ».
« La Leçon » d’Eugène Ionesco.

Trop de pièces contemporaines se sacrifient à un but didactique – voire idéologique – au détriment du plaisir théâtral. Certes, le théâtre doit poser les questions fondamentales de la vie humaine, mais il doit se garder de tout didactisme, de tout dogmatisme. Le théâtre de propagande politique est voué à l’échec et n’attire pas le public. « Ce n’est pas avec des idées qu’on fait du théâtre, c’est avec une intrigue et des personnages qui vivent sur scène ».

Enfin, on pourra remontrer aux tenants de la dénonciation de la noirceur humaine que le théâtre ne doit pas être une entreprise de pessimisme absolu, qu’il peut aussi avoir pour vocation de faire aimer la vie, d’en représenter toutes les facettes, noires mais aussi gaies. Dans Le Barbier de Séville, Figaro « se presse de rire de tout de peur de devoir en pleurer » et la pièce est emportée dans un tourbillon de gaîté où la dénonciation du mal est réduite à la portion congrue. Et pourtant, voilà une pièce réussie ! Ne serait-il pas plus juste de dire que le théâtre doit représenter la vie ? Une question de contexte ? Et si la réponse à une telle alternative dépendait du contexte ? Au XXe siècle, profondément marqué par les atrocités des totalitarismes et des deux guerres mondiales, les dramaturges pouvaient-ils se borner à divertir un public paralysé par l’effroi et privé de repères devant l’absurdité des hommes et du monde, pouvaient-ils se taire et ne pas tirer parti de la « tribune » que leur offrait le théâtre pour partager leurs idées et pour dénoncer les horreurs ? Beckett, Camus, Sartre, Genet l’avaient compris.

Conclusion :

Plus que les autres genres littéraires, le théâtre allie les contraires : il excelle à divertir et en même temps à susciter la réflexion, notamment sur la noirceur de l’homme et du monde. Il tient sa force et son efficacité du fait qu’il est à la fois parole et spectacle, texte et représentation. Il présente aussi la spécificité de se renouveler sans cesse : chaque mise en scène modernise le propos et, adaptée à son public du moment, redonne une jeunesse à la pièce.

Oral du bac – « Spleen » de Charles Baudelaire

Oral du bac – Spleen de Charles Baudelaire (1857)
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Pour l’oral du bac, vous pouvez avoir à analyser ce poème de Charles Baudelaire « Spleen » poème extrait du recueil des « Fleurs du mal ».

Oral du bac – Spleen de Charles Baudelaire (1857)

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Pour l’oral du bac, vous pouvez avoir à analyser ce poème de Charles Baudelaire « Spleen » poème extrait du recueil des « Fleurs du mal« .


Tout d’abord, avant d’étudier et d’analyser ce poème pour l’oral du bac, nous devons connaître succinctement la biographie de Charles Baudelaire.

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Charles Pierre Baudelaire est un poète né à Paris le 9 avril 1821 (la même année de que G. Flaubert) et mort à Paris le 31 août 1867 à l’âge de 46 ans. Grand poète du XIXème siècle, Charles Baudelaire est connu pour deux œuvres, les Fleurs du Mal et le spleen de Paris (le mot Spleen traduit chez Baudelaire l’ennui et le dégoût généralisé de la vie).

Très jeune, Charles Baudelaire se fait remarquer par son caractère rebelle mais obtient néanmoins son baccalauréat.

Rapidement, et après son voyage en paquebot pour les Indes, il est contraint de travailler pour subvenir à ses besoins et devient journaliste et critique d’art. C’est à cette époque qu’il commence à écrire certains poèmes des Fleurs du mal (titre antithétique). Ses débuts littéraires datent de 1843 approximativement.

Ce recueil de poèmes publié en juillet 1857, très controversé et attaqué, met en lumière la dualité entre la violence et la volupté, le bien et le mal, la laideur et la beauté, l’enfer et le ciel.

Le projet poétique de Baudelaire : extraire la beauté du mal et de la perversité humaine et transfigurer par le travail poétique l’expérience douloureuse de l’âme humaine en proie aux malheurs de l’existence.

Il est condamné  pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs.

Les poèmes de Charles Baudelaire, qui a reçu de par sa naissance en 1821 un héritage classique, romantique et réaliste, sont par nature lyriques et rattachés au mouvement littéraire du symbolisme. Ce sont des poèmes réguliers à forme fixe où la beauté est recherchée pour tendre vers la perfection du texte.

Le symbolisme est en opposition au monde matériel. Les symbolistes recherchent la suprématie de la sensibilité et du plaisir des sensations, tout y est fugace et éphémère.

Croulant sous les dettes, il part en Belgique pour y donner des conférences. Mais en 1866, il commence à avoir des problèmes de santé. Il s’éteint un an plus tard (1867) des suites de la syphilis et de l’abus d’alcool, sans avoir été reconnu de son vivant, ce que l’aura profondément attristé. En 1868 sont publiés à titre posthume le Spleen de Paris et les Curiosités esthétiques.

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Avant de débuter notre analyse du texte  de Charles Baudelaire en vue de préparer ensemble une simulation d’oral du bac français,

Voici quelques rappels méthodologiques :

A l’oral : ce qui est demandé au candidat, c’est d’avoir :

  • Une bonne capacité d’analyse critique et de prendre en compte la question qui est posée et d’y apporter une réponse précise et détaillée.

  • De préparer une bonne introduction au commentaire de texte (aussi bien à l’oral qu’à l’écrit) avec le nom de l’auteur, le genre, le thème, l’époque et la situation du passage dans l’oeuvre.

  • De faire un plan détaillé de votre explication avec les exemples à citer (en les soulignant dans le texte), ce qui vous permettra d’énoncer l’idée directrice de chaque axe et de retrouver les exemples plus facilement.

 


Déroulement de l’épreuve :

Plan du travail en vue de l’oral :

  • Introduction : présenter l’auteur et le texte en le centrant sur la problématique.

Charles Baudelaire, écrivain français du 19e siècle (1821-1867) est considéré comme un poète maudit et un précurseur du symbolisme (grand tournant littéraire de la décennie 1850-1870). « Les Fleurs du Mal » est l’une des ses œuvres majeures, dans laquelle le poète crée un nouveau rapport entre l’émotion et le langage. Le poème « Spleen » est extrait de la section « spleen et idéal ». Dans ce poème de cinq strophes, rédigé en alexandrin avec des rimes riches et croisées, le poète livre avec une importante tension dramatique toute la mélancolie qu’il ressent les jours de grande pluie.

Par quels procédés Baudelaire parvient-il à nous faire ressentir tout son mal-être dans ce poème ?

Pour répondre à cette question, nous étudierons tout d’abord  les procédés que Charles Baudelaire utilise pour décrire le paysage extérieur, le temps qui y règne, et le ressenti sur l’esprit de ceux qui le subissent. Dans un deuxième temps, nous évoquerons tous les procédés utilisés par Baudelaire pour exprimer son angoisse face à cette atmosphère macabre.

  • Lire le texte : elle doit être expressive et donner un aperçu de votre interprétation.
  • Rappeler la question : Par quels procédés Baudelaire parvient-il à nous faire ressentir tout son mal-être dans ce poème ?
  • Annoncer les grands axes :

I) Baudelaire nous fait ressentir tout son mal-être grâce à la description d’un univers  sombre et inquiétant qui agit sur l’état d’esprit et le moral de ceux qui le subissent. Le temps terriblement maussade qui règne dans cet univers lui inflige une souffrance aiguë.

II) Baudelaire nous fait ressentir tout son mal-être grâce à l’évocation appuyée par des images morbides de son angoisse face à cette atmosphère macabre.


Structure du poème : 

Les trois premiers quatrains débutent avec la répétition en anaphore de l’adverbe  temporel « quand » qui sont suivies de propositions circonstancielles de temps, coordonnées par la conjonction de coordination «  et » dans toutes les strophes :

  1. C’est quand le ciel est bas et lourd et que l’horizon embrasse le cercle, que le ciel verse un jour noir.
  2. C’est quand la terre est changée en un cachot humide, que les chauve-souris se cognent aux murs.
  3. C’est quand la pluie étale ses immenses traînées, qu’un peuple muet d’araignées vient tendre ses filets.

Nous nous apercevons donc qu’il y a une relation de causes à effets entre le climat désastreux et ses conséquences sur la terre, le ciel, les animaux, les cloches, et aussi sur le moral du poète et sur l’esprit en général (pronom personnel, 1ere pers du pluriel « nous, vers 4).

En effet, lorsque le ciel est bas, l’esprit gémit et s’ennuie. Quand la terre est changée en un cachot humide (métaphore de terre humide), l’Espérance (qui est comparée à une chauve-souris) s’en va. Enfin, quand il pleut , les cerveaux sont peuplés d’araignées.

La conséquence ultime de ces trois éléments réunis lorsqu’ils se déchaînent : le ciel en 1e strophe, la terre en 2e strophe, et la pluie en 3e strophe, se décline le long des deux dernières strophes. Ainsi, les cloches sautent avec furie et hurlent, les esprits geignent, les corbillards défilent et l’Angoisse plante son drapeau noir.

L’état d’esprit et le moral de ceux qui subissent ces éléments et en particulier du poète, empire au fur et à mesure de l’avancement du poème jusqu’au déchaînement de violences.  Les  plaintes et gémissements, sont subitement accompagnées de rébellions, voire de violences.

Furieuses, les cloches sautent et hurlent, et dans la guerre intérieure qui se déclenche dans le crâne du poète (adjectif possessif : mon) entre l’Espérance de voir que le temps s’améliore (écrit 2 fois avec une majuscule et en contre-rejet dans le vers 18) : L’Espérance » avec une majuscule est une allégorie (=notion abstraite personnifiée)) et l’angoisse qui est également personnifiée, c’est l’Angoisse qui gagne et qui plante son drapeau noir dans son cerveau (souffrance au propre et au figuré).

Explication du passage :

Baudelaire décrit, dès la 1ere strophe du poème, le ciel spleenétique. Le poème recèle de nombreux adjectifs fortement connotés (bas et lourd, noir, triste), deux verbes fortement imagés (pèse, verse) ainsi que des comparaisons, métaphores et rapprochements d’idées (comme un couvercle, en proie aux longs ennuis, plus triste que les nuits).

De même, le poète nous fait ressentir tout le mal-être  ambiant en employant le champs lexical de la noirceur (jour noir : oxymore), du poids du ciel (bas, le couvercle pèse, lourd), de l’humidité (pluie, humide, pourris, traînées,), de la tristesse, de la souffrance (geindre) et de l’enfermement (couvercle, vaste prison, barreaux), de la passivité (muet) et de la mort (corbillards).

Du ciel dépend, chez lui, tout un flot d’évènements, car lorsqu’il est bas, et qu’il pleut, il verse un jour noir ( V4 – métaphore avec verser de l’eau), de la pluie drue qui transforme la terre en cachot humide et en prison.

Dans la strophe 4, ce n’est plus le ciel qui inflige de la tristesse et du malheur sur la terre. Les cloches (symbole du bruit, donc de la vie) qui sautent vers le ciel et les esprits qui geignent pour la deuxième fois, se rebèllent.

Il y a donc un parallèle établi par Baudelaire entre la première strophe et la quatrième, parallèle qui renforce le sentiment d’enfermement des esprits.

Ainsi, ce terrible ciel agit sur l’état d’esprit et le moral de ceux qui le subissent en plus du poète (nous) . Le temps terriblement maussade qui règne dans cet univers leur inflige une souffrance aiguë, et leur esprit gémit.

Des images morbides face à cette atmosphère macabre se succèdent : cachot humide en v.5, plafonds pourris en V.8, immenses traînées V.9, vastes prisons, barreaux, filets, longs corbillards, drapeau noir.

Bien que l’Espoir existe (2 fois en majuscule), que les chauve-souris tentent de s’échapper avec leurs ailes timides, que les cloches sautent et que les esprits se plaignent, c’est l’Angoisse (personnalisée, avec plusieurs adjectifs : atroce, despotique (allitération en s))  qui termine vainqueur du combat.

Le poète incline sa tête (au sens propre et au figuré) devant les éléments qu’il ne peut changer, et devant sa propre souffrance morale.

 

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LXXVIII – Spleen

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D’une vaste prison imite les barreaux,
Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
– Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

Leur/leurs : les homophones grammaticaux, comment les distinguer ?

Les homophones grammaticaux, comment les distinguer ?
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Les homophones (homo =même, identique – phone = son)  grammaticaux constituent, pour les élèves du Cours moyen à la troisième,  pour les préparations de concours ou pour les adultes en FLE (Français Langue Etrangère),  une source de difficultés qui occasionnent des erreurs dans leurs textes, contrôles et copies.

Les homophones grammaticaux, comment les distinguer ?

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Les homophones (homo =même, identiquephone = son)  grammaticaux constituent, pour les élèves du Cours moyen à la troisième,  pour les préparations de concours ou pour les adultes en FLE (Français Langue Etrangère),  une source de difficultés qui occasionnent des erreurs dans leurs textes, contrôles et copies.

Alors, une question s’impose, comment les distinguer  ?

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Il existe de nombreux homophones dans notre langue française, et suite à une demande récurrente de plusieurs élèves, je propose d’expliciter tout d’abord la différence entre le pronom personnel  « leur«  et l‘adjectif possessif « leur ou leurs ».

Comme vous pouvez le constater dans le tableau ci-dessous, d’un côté on distingue les pronoms personnels, de l’autre les adjectifs possessifs.

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Dans le premier cas, Le pronom personnel  « leur » est complément d’objet indirect (CDI) pluriel dans la phrase aussi bien au féminin qu’au masculin. C’est le pluriel de lui, il précède le verbe et  il est invariable.

Exemples :

Exemple 1 avec le pronom personnel complément au singulier  :

  •  La maman dit à son fils de ne pas trop manger de chocolat au goûter (à son fils est complément d’objet indirect )

Je remplace « à son fils » par le pronom personnel CDI « lui »

  • La maman lui dit de ne pas trop manger de chocolat au goûter .

Exemple 2 avec le pronom personnel complément au pluriel.

  • La maman dit à ses deux fils de ne pas trop manger de chocolat au goûter (à ses deux fils) est le complément d’objet indirect).

Je remplace « à ses deux fils » par le pronom personnel COI pluriel « leur »

  • La maman leur dit de ne pas trop manger de chocolat au goûter.

Autre exemple :

  • John et Sylvie ont offert des cadeaux à des amis . (à des amis est complément d’objet indirect COI second)
  • John et Sylvie leur ont offert des cadeaux (leur est un pronom personnel CDI pluriel).

 Leur (3eme personne du pluriel au singulier)
et leurs (3eme personne du pluriel au pluriel) en tant d’adjectifs possessifs.

 

Dans ce cas, leur et leurs sont des adjectifs possessifs. C’est le pluriel de son, sa, ses. ils s’accordent avec le nom qu’ils accompagnent aussi bien au féminin  qu’au masculin.

Exemples 

Il n’ y a qu’un objet possédé pour l’ensemble des possesseurs, on utilise « leur » :

  • Madame Leblanc a adopté son premier bébé (le sujet est singulier, donc on utilise « son »).*
  • Monsieur et Madame Leblanc ont adopté leur premier bébé ( le sujet est au pluriel mais il y a plusieurs bébés, donc on utilise  » leur ».

 

(Il y a plusieurs objets possédés par le possesseur): 

  • L’arbre a perdu toutes ses feuilles durant l’automne. (le sujet est singulier, donc on utilise  » ses »)
  • Les arbres ont perdu toutes leurs feuilles durant l’automne (le sujet est au pluriel).

Troisième cas, un peu plus complexe : s’il n’y a qu’un objet possédé par possesseur, on utilise plutôt le singulier ( le pluriel est toléré dans certains cas).

Exemples :

  • Daniel et Martin sont venus au rendez-vous chacun avec leur femme ( il n’y a qu’un femme possédé par chaque homme).
  • Les collégiens ont pris chacun leur sac à dos

Ils sont allés faire leurs courses avec leurs femmes (deux adjectifs possessifs).

 


D’autres exemples d’homophones : 

 

A (verbe avoir / as (verbe avoir) / à

images

C’est/s’est 

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Et/est

téléchargement (1)

Et le petit dernier, pour rire : 

ver-vert2

 


Si vous désirez prendre des cours, vous pouvez m’envoyer un message à : mongeb@hotmail.fr.  Merci

 

Analyse de « L’amour et le crâne » de Charles Baudelaire

Voici une proposition d’analyse de « l’amour et le crâne » de Charles Baudelaire en vue de la préparation d’un commentaire composé.
L’amour et le crâne de Baudelaire

Tout d’abord, avant d’étudier ce poème, nous devons débuter par une biographie succincte de Charles Baudelaire.

Voici une proposition d’analyse de « l’amour et le crâne » de Charles Baudelaire en vue de la préparation d’un commentaire composé.

L’amour et le crâne de Baudelaire

Tout d’abord, avant d’étudier ce poème, nous devons débuter par une biographie succincte de Charles Baudelaire.

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Charles Pierre Baudelaire est un poète né à Paris le 9 avril 1821 (la même année de que G. Flaubert) et mort à Paris le 31 août 1867 à l’âge de 46 ans. Grand poète du XIXème siècle, Charles Baudelaire est connu pour deux œuvres, les Fleurs du Mal et le spleen de Paris (le mot Spleen traduit chez Baudelaire l’ennui et le dégoût généralisé de la vie).

Très jeune, Charles Baudelaire se fait remarquer par son caractère rebelle mais obtient néanmoins son baccalauréat.

Rapidement, et après son voyage en paquebot pour les Indes, il est contraint de travailler pour subvenir à ses besoins et devient journaliste et critique d’art. C’est à cette époque qu’il commence à écrire certains poèmes des Fleurs du mal (titre antithétique). Ses débuts littéraires datent de 1843 approximativement.

Ce recueil de poèmes publié en juillet 1857, très controversé et attaqué, met en lumière la dualité entre la violence et la volupté, le bien et le mal, la laideur et la beauté, l’enfer et le ciel.

Le projet poétique de Baudelaire : extraire la beauté du mal et de la perversité humaine et transfigurer par le travail poétique l’expérience douloureuse de l’âme humaine en proie aux malheurs de l’existence.

Il est condamné  pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs.

Les poèmes de Charles Baudelaire, qui a reçu de par sa naissance en 1821 un héritage classique, romantique et réaliste, sont par nature lyriques et rattachés au mouvement littéraire du symbolisme. Ce sont des poèmes réguliers à forme fixe où la beauté est recherchée pour tendre vers la perfection du texte. Le symbolisme est en opposition au monde matériel. les symbolistes recherchent la suprématie de la sensibilité et du plaisir des sensations, tout y est fugace et éphémère.

Croulant sous les dettes, il part en Belgique pour y donner des conférences. Mais en 1866, il commence à avoir des problèmes de santé. Il s’éteint un an plus tard (1867) des suites de la syphilis et de l’abus d’alcool, sans avoir été reconnu de son vivant, ce que l’aura profondément attristé. En 1868 sont publiés à titre posthume le Spleen de Paris et les Curiosités esthétiques.

 


 

L’Amour est assis sur le crâne

De l’Humanité,

Et sur ce trône le profane,

Au rire effronté,

 

Souffle gaiement des bulles rondes

Qui montent dans l’air,

Comme pour rejoindre les mondes

Au fond de l’éther.

 

Le globe lumineux et frêle

Prend un grand essor,

Grève et crache son âme grêle

Comme un songe d’or.

 

J’entends le crâne à chaque bulle

Prier et gémir:

– « Ce jeu féroce et ridicule,

Quand doit-il finir?

 

Car ce que ta bouche cruelle

Éparpille en l’air,

Monstre assassin, c’est ma cervelle,

Mon sang et ma chair.

 

« L’amour et le crâne » de Baudelaire

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Analyse 

Ce poème, au titre énigmatique (le crâne est l’endroit central de nos sentiments), est extrait de la section des fleurs du mal. Il est composé de cinq strophes de quatre vers. Il y donc cinq quatrains. Dans chaque strophe, il y a une alternance entre un octosyllabe (vers de huit syllabes) et un pentasyllabe (vers de cinq syllabes). Il contient différents mètres, il est donc hétérométrique.

Nous constatons une alternance de rimes pauvres, suffisantes ou riches (frêle avec grêle) et une succession respectée de rimes féminines (qui se terminent par –e, -es, -ent) et des rimes masculines. Les rimes sont croisées, du type ABAB.

Dans le premier quatrain, Baudelaire met en relief deux substantifs (avec les majuscules) Amour et Humanité.  L’Amour est un terme important dans ce poème car il est à la fois présent dans le titre et dans le premier vers, à son début et avec une majuscule, et il est personnifié car « il est assis ». Nous pouvons ainsi en déduire que le thème général de ce poème tourne autour de ce sentiment dans une représentation allégorique.

L’autre substantif essentiel à la compréhension du poème est Humanité, qui représente l’ensemble des hommes, la race humaine. Son sens est triplement renforcé par la majuscule, par sa position en mot unique dans le pentasyllabe et par son rejet en deuxième vers.

L’Amour qui pourrait être Dieu car Dieu est amour (métaphore entre l’Amour et Dieu) nous permet de déduire dans ce premier quatrain, que l’Amour embrasse la race humaine de toute sa hauteur (sur le crâne : connotation un peu macabre) et distille ce sentiment dans la tête de chacun.

Assis dans le fauteuil de Dieu, le profane (qui est dépourvu de caractère religieux), joue à souffler des bulles qui se perdent dans l’espace au-delà de l’atmosphère. L’auteur, en rejetant l’action exercée par le profane dans le deuxième quatrain, souligne l’opposition entre l’Amour et sa destruction (les bulles s’éparpillent). L’effet de ce quatrain est renforcé par l’allitération en « r » (trône, profane, rire, effronté, ronde, rejoindre, éther) et l’harmonie imitative qu’il insuffle pour imiter le son produit (érosion) par la répétition du phonème « r ». Ainsi le profane ne croit pas à l’amour, il en rit et le détruit en chacun de nous.

Dans le troisième quatrain, l’auteur utilise une belle métaphore entre le crâne de l’homme (qui est frêle) et le globe qui représente la terre ou l’Humanité (qui est lumineux). Ces deux adjectifs qualificatifs sont en outre employés de manière antithétiques. Il y a également une allitération en « g » (globe, grand, grèbe, grêle) qui est une consonne occlusive, dorso-vélaire, sonore, dure et gutturale associée au « r » de grève et grêle.

Sous l’effet des bulles rondes soufflées par le profane, l’absence d’amour (ou la montée de la haine ou du mal) s’accroît et accable le monde au point de lui faire perdre son âme.

Le quatrième quatrain est différent des autres par sa structure et par l’implication de l’auteur. En effet, le vers débute par un « j » apostrophe, ce qui resserre la focalisation sur un des sens de l’auteur car il « entend » des plaintes produites par toutes les personnes atteintes par les bulles chargées de haine. Ces personnes souffrent, prient Dieu et l’interrogent pour que ce jeu finisse car c’est ridicule de haïr au lieu d’aimer.

L’auteur utilise dans ce quatrain et le suivant une harmonie imitative suivie dans une allitération avec la consonne fricative uvulaire voisée vibrante « r » avec les substantifs, et avec les verbes et adjectifs (crâne, prier, gémir, féroce, ridicule, cruelle, éparpille, air, monstre, cervelle, chair).

On peut constater que tous ces mots cités font partie du champ lexical de la souffrance, de la douleur et même de la mort, car le cruel profane qui ne croit pas en l’amour et qui disperse sa haine (les bulles remplies de cerveau, de sang et de chair) à travers le monde (métaphore entre l’air et le monde) tue chacun de nous, donc l’Humanité croyante.

Les deux substantifs « monstre et assassin », l’un après l’autre et la tournure emphatique (c’est) renforcent de manière hyperbolique la nature malveillante et destructrice du profane qui détruit par sa bouche (et par ses paroles) l’auteur (ma, mon) et le reste de l’humanité.

Conclusion : ce poème est un hymne à l’amour et à la croyance que l’amour peut sauver le monde du mal.

 

 

 

 

 

 

Commentaire de texte bac : l’aveugle de Guy de Maupassant

Dans ce cours, je propose à mes élèves de les accompagner dans l’étude d’un plan détaillé en vu de la composition d’un commentaire composé pour les épreuves du bac sur le texte « l’aveugle » de Guy de Maupassant.

Commentaire de texte bac : l’aveugle de Guy de Maupassant

Dans ce cours, je propose à mes élèves de les accompagner dans l’étude d’un plan détaillé en vue de la composition d’un commentaire composé pour les épreuves du bac sur le texte « l’aveugle » de Guy de Maupassant paru en 1882.


Cours de français à distance de centre d'accompagnemet en français
L’aveugle de G.de. Maupassant

Guy de MAUPASSANTné en 1850 est un grand écrivain français, lié à Emile Zola et à G. Flaubert.  Gustave Flaubert, né en 1821 fut le maître du jeune G. De Maupassant. En effet, G.de Maupassant suivit ses conseils, ses idées, ses méthodes d’observation et de composition. Ce fut son élève pendant plusieurs années.

Ses romans (Une vie en 1883, Bel ami en 1885, Pierre et Jean en 1888), ses contes et ses nouvelles (Boule de suif en 1880, les contes de la bécasse en 1883, Le Horla en 1886) composés entre réalisme et fantastique, mettent en scène un certain pessimisme. Le style, la description, la conception et la pénétration s’échappent de sa plume féconde.

Durant les dernières années de Maupassant, se développent en lui un amour exagéré pour la solitude, un instinct de conservation maladif, une crainte constante de la mort, et une certaine paranoïa, dus à une probable prédisposition familiale, sa mère étant dépressive et son frère mort fou, mais surtout à la syphilis, contractée pendant ses jeunes années.  Il est mort le  à Paris.


« L’Aveugle » fut publié dans le journal « Le Gaulois » du 31 mars 1882. Cette nouvelle est une nouvelle réaliste cruelle. Elle est extraite de « Contes divers » sortis la même année.


Voici une problématique : 

Comment l’intérêt du lecteur est-il suscité dans cette nouvelle ?


Dans cette nouvelle en forme de conte, G de MAUPASSANT suscite l’intérêt du lecteur dès le début en expliquant à travers les yeux d’un narrateur l’intérêt de posséder tous ses sens dont celui de la vue pour être heureux de vivre. Puis, il prend l‘exemple d’un aveugle pour étayer sa thèse. C’est le début du conte relaté dans un registre pathétique afin d’inspirer au lecteur des émotions fortes devant des situations injustes et inhumaines. Ce conte est aussi un apologue, car nous pouvons constater qu’il se dégage une morale du destin tragique de cet aveugle : plus l’homme est vulnérable, faible et incapable de se défendre, plus l’être humain (sa famille, les voisins, les paysans), la société, la nature (la neige) et même les animaux (les chiens, les chats, les corbeaux) deviennent cruels avec lui au point de souhaiter ou de favoriser sa mort. Autrement dit : La faiblesse extrême due à un handicap ou à une infirmité (la cécité) et la peur de la différence, libèrent chez les personnes mal intentionnées une attitude malveillante : méchanceté voire cruauté, avarice, sadisme, barbarie, bestialité ; Parce qu’il est aveugle, il devient un paria, un souffre-douleur, un martyr dont on veut se débarrasser.


Afin d’établir un plan très détaillé qui servira de base à un commentaire composé, nous allons étudier le texte de manière linéaire.

I – Une nouvelle qui défend une thèse  : voir le ciel, le soleil et les couleurs rend heureux et l’inverse rend morose et pitoyable. Elle montre également l’émotion et l’empathie du narrateur  à la fin de la nouvelle.

1) Forte implication du narrateur au début et à la fin de la nouvelle : marques de modalisation (je,..). Pensée mélancolique pour le gueux.

2) Voir :  le sens de la vue important pour le bonheur : emploi répété de questions ? Emploi d’adjectifs qualificatifs de couleur aux lignes 2 et 3….nombreuses répétitions (envie) et champ lexical du bonheur.

 Transition   Il ne peut jouir des couleurs car il est aveugle. L’auteur nous montre explicitement ce contraste. Choix des mots antithétiques entre le premier paragraphe et le second.

 

II – Le conte L’aveugle, conte cruel  (exemple pour étayer sa thèse)

  1. Description de l’aveugle : horrible infirmité, figure toute pâle, impassible, …

Figures de style : Périphrase : Seules ses paupières, qu’agitait une sorte de souffrance nerveuse, retombaient parfois sur la tache blanche de ses yeux. La cécité est représentée par la tâche blanche de ses yeux.

Comparaisons : deux grands yeux blancs comme des pains à cacheter.

  • Les paysans feraient volontiers comme les poules qui tuent les infirmes d’entre elles.

2- Le malheur de l’aveugle : gradation dans la haine et la violence à son égard.

      Sa souffrance – sa soumission (champs lexicaux), la moquerie de son entourage : comparé à un fainéant et à un manant, mal nourri, victime de jeux de plus en plus cruels. Comparé à une bête.

     Son sort : il est victime de maltraitances physiques de la part de toute la communauté (le jeu des baffes). Il est obligé de mendier pour être nourri.  On ne vient pas le chercher à la fin de la journée et on le laisse mourir de froid dans la neige (mort blanche). Enfin, il est dévoré par les corbeaux. (Pour la mort blanche, il faut relever le contraste funèbre de la noirceur des corbeaux / antithèse).

Conclusion :

Guy De Maupassant présente dans cette nouvelle l’importance du sens de la vue à travers le conte de l’aveugle. Il dénonce également avec réalisme la cruauté du monde paysan.


Texte 

L’AVEUGLE    Qu’est-ce donc que cette joie du premier soleil ? Pourquoi cette lumière tombée sur la terre nous emplit-elle ainsi du bonheur de vivre ? Le ciel est tout bleu, la campagne toute verte, les maisons toutes blanches ; et nos yeux ravis boivent ces couleurs vives dont ils font de l’allégresse pour nos âmes. Et il nous vient des envies de danser, des envies de courir, des envies de chanter, une légèreté heureuse de la pensée, une sorte de tendresse élargie, on voudrait embrasser le soleil.
Les aveugles sous les portes, impassibles en leur éternelle obscurité, restent calmes comme toujours au milieu de cette gaieté nouvelle, et, sans comprendre, ils apaisent à toute minute leur chien qui voudrait gambader.
Quand ils rentrent, le jour fini, au bras d’un jeune frère ou d’une petite soeur, si l’enfant dit : « Il a fait bien beau tantôt ! », l’autre répond : « Je m’en suis bien aperçu, qu’il faisait beau, Loulou ne tenait pas en place. »
J’ai connu un de ces hommes dont la vie fut un des plus cruels martyres qu’on puisse rêver.
C’était un paysan, le fils d’un fermier normand. Tant que le père et la mère vécurent, on eut à peu près soin de lui ; il ne souffrit guère que de son horrible infirmité ; mais dès que les vieux furent partis, l’existence atroce commença. Recueilli par une soeur, tout le monde dans la ferme le traitait comme un gueux qui mange le pain des autres. A chaque repas, on lui reprochait la nourriture ; on l’appelait fainéant, manant ; et bien que son beau-frère se fût emparé de sa part d’héritage, on lui donnait à regret la soupe, juste assez pour qu’il ne mourût point.
Il avait une figure toute pâle, et deux grands yeux blancs comme des pains à cacheter ; et il demeurait impassible sous l’injure, tellement enfermé en lui-même qu’on ignorait s’il la sentait. Jamais d’ailleurs il n’avait connu aucune tendresse, sa mère l’ayant toujours un peu rudoyé, ne l’aimant guère ; car aux champs les inutiles sont des nuisibles, et les paysans feraient volontiers comme les poules qui tuent les infirmes d’entre elles.
Sitôt la soupe avalée, il allait s’asseoir devant la porte en été, contre la cheminée en hiver, et il ne remuait plus jusqu’au soir. Il ne faisait pas un geste, pas un mouvement ; seules ses paupières, qu’agitait une sorte de souffrance nerveuse, retombaient parfois sur la tache blanche de ses yeux. Avait-il un esprit, une pensée, une conscience nette de sa vie ? Personne ne se le demandait.
Pendant quelques années les choses allèrent ainsi. Mais son impuissance à rien faire autant que son impassibilité finirent par exaspérer ses parents, et il devint un souffre-douleur, une sorte de bouffon-martyr, de proie donnée à la férocité native, à la gaieté sauvage des brutes qui l’entouraient.
On imagina toutes les farces cruelles que sa cécité put inspirer. Et, pour se payer de ce qu’il mangeait, on fit de ses repas des heures de plaisir pour les voisins et de supplice pour l’impotent.
Les paysans des maisons prochaines s’en venaient à ce divertissement ; on se le disait de porte en porte, et la cuisine de la ferme se trouvait pleine chaque jour. Tantôt on posait sur la table, devant son assiette où il commençait à puiser le bouillon, quelque chat ou quelque chien. La bête avec son instinct flairait l’infirmité de l’homme et, tout doucement, s’approchait, mangeait sans bruit, lapant avec délicatesse ; et quand un clapotis de langue un peu bruyant avait éveillé l’attention du pauvre diable, elle s’écartait prudemment pour éviter le coup de cuiller qu’il envoyait au hasard devant lui.
Alors c’étaient des rires, des poussées, des trépignements des spectateurs tassés le long des murs. Et lui, sans jamais dire un mot, se remettait à manger de la main droite, tandis que, de la gauche avancée, il protégeait et défendait son assiette.
Tantôt on lui faisait mâcher des bouchons, du bois, des feuilles ou même des ordures, qu’il ne pouvait distinguer.
Puis on se lassa même des plaisanteries ; et le beau-frère enrageant de le toujours nourrir, le frappa, le gifla sans cesse, riant des efforts inutiles de l’autre pour parer les coups ou les rendre. Ce fut alors un jeu nouveau : le jeu des claques. Et les valets de charrue, le goujat, les servantes, lui lançaient à tout moment leur main par la figure, ce qui imprimait à ses paupières un mouvement précipité. Il ne savait où se cacher et demeurait sans cesse les bras étendus pour éviter les approches.
Enfin, on le contraignit à mendier. On le portait sur les routes les jours de marché, et dès qu’il entendait un bruit de pas ou le roulement d’une voiture, il tendait son chapeau en balbutiant : « La charité, s’il vous plaît. »
Mais le paysan n’est pas prodigue, et, pendant des semaines entières, il ne rapportait pas un sou.
Ce fut alors contre lui une haine déchaînée, impitoyable. Et voici comment il mourut.
Un hiver, la terre était couverte de neige, et il gelait horriblement. Or son beau-frère, un matin, le conduisit fort loin sur une grande route pour lui faire demander l’aumône. Il l’y laissa tout le jour, et quand la nuit fut venue, il affirma devant ses gens qu’il ne l’avait plus retrouvé. Puis il ajouta : « Bast ! faut pas s’en occuper, quelqu’un l’aura emmené parce qu’il avait froid. Pardié ! i n’est pas perdu. I reviendra ben d’main manger la soupe. »
Le lendemain, il ne revint pas.
Après de longues heures d’attente, saisi par le froid, se sentant mourir, l’aveugle s’était mis à marcher. Ne pouvant reconnaître la route ensevelie sous cette écume de glace, il avait erré au hasard, tombant dans les fossés, se relevant, toujours muet, cherchant une maison.
Mais l’engourdissement des neiges l’avait peu à peu envahi, et ses jambes faibles ne le pouvant plus porter, il s’était assis au milieu d’une plaine. Il ne se releva point.
Les blancs flocons qui tombaient toujours l’ensevelirent. Son corps raidi disparut sous l’incessante accumulation de leur foule infinie ; et rien n’indiquait plus la place où le cadavre était couché.
Ses parents firent mine de s’enquérir et de le chercher pendant huit jours. Ils pleurèrent même.
L’hiver était rude et le dégel n’arrivait pas vite. Or, un dimanche, en allant à la messe, les fermiers remarquèrent un grand vol de corbeaux qui tournoyaient sans fin au-dessus de la plaine, puis s’abattaient comme une pluie noire en tas à la même place, repartaient et revenaient toujours.
La semaine suivante, ils étaient encore là, les oiseaux sombres. Le ciel en portait un nuage comme s’ils se fussent réunis de tous les coins de l’horizon ; et ils se laissaient tomber avec de grands cris dans la neige éclatante, qu’ils tachaient étrangement et fouillaient avec obstination.
Un gars alla voir ce qu’ils faisaient, et découvrit le corps de l’aveugle, à moitié dévoré déjà, déchiqueté. Ses yeux pâles avaient disparu, piqués par les longs becs voraces.
Et je ne puis jamais ressentir la vive gaieté des jours de soleil, sans un souvenir triste et une pensée mélancolique vers le gueux, si déshérité dans la vie que son horrible mort fut un soulagement pour tous ceux qui l’avaient connu.



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Oral du bac français : « l’homme à la cervelle d’or » d’Alphonse DAUDET

Oral du bac  français : « l’homme à la cervelle d’or » d’Alphonse DAUDET

Aujourd’hui, je vous propose de préparer ensemble une nouvelle simulation de l’oral du bac français avec le texte : « l’homme à la cervelle d’or » d’Alphonse DAUDET.


Avant de débuter notre analyse du texte « l’homme à la cervelle d’or » d’Alphonse DAUDET

en vue de préparer ensemble une simulation d’oral du bac français, voici quelques rappels méthodologiques :

A l’oral : ce qui est demandé au candidat, c’est d’avoir :

  • Une bonne capacité d’analyse critique et de prendre en compte la question qui est posée et d’y apporter une réponse précise et détaillée.

  • De préparer une bonne introduction au commentaire de texte (aussi bien à l’oral qu’à l’écrit) avec le nom de l’auteur, le genre, le thème, l’époque et la situation du passage dans l’oeuvre.

  • De faire un plan détaillé de votre explication avec les exemples à citer (en les soulignant dans le texte), ce qui vous permettra d’énoncer l’idée directrice de chaque axe et de retrouver les exemples plus facilement.

 

 


Déroulement de l’épreuve :

Plan du travail en vue de l’oral :

  • Introduction : présenter l’auteur et le texte en le centrant sur la problématique.

Alphonse Daudet , est né la même année qu’Emile Zola (en 1840) et dix ans avant Guy de Maupassant (1850) : voir simulation d’oral du bac « Le Horla » de Maupassant.

Né à Nîmes dans le département du Gard, il est mort en (à l’âge de 57 ans) à Paris.  C’est un écrivain et auteur dramatique français. Il est célèbre pour ses Lettres de mon moulin publiées en 1869.  L’une d’elles, intitulée « La légende de l’homme à la cervelle d’or », est un récit personnel, de genre épistolaire (écrit sous forme d’une lettre) où il exprime tout d’abord sa tristesse d’avoir perdu un ami, puis dans un deuxième temps, il offre le cadeau (d’une légende mélancolique) racontant la vie d’un enfant, puis d’un jeune homme généreux abusé par ses proches parce qu’il possède un cerveau en or qu’il disperse naïvement. C’est un apologue d’abord paru dans L’Événement du 29 septembre 1866 (Un apologue est un récit qui a pour fonction d’illustrer une leçon morale qui peut être formulée explicitement).

Cours de français à, distance
Portrait d’Alphonse Daudet
  • Lire le texte : vous pouvez le trouver sur Internet.
  • Rappeler la question comment expliquez-vous cette légende ?
  • Annoncer les grands axes.

I -Lettre en deux parties à une dame qui demande des histoires gaies.

 

  1. Une lettre triste qui reflète le vécu et la tristesse de l’auteur (fonction affective).
  2. Cadeau de la légende de l’homme à la cervelle d’or à la dame qui demande des histoires gaies.

II- L’épuisement de son or

  1. La légende de l’homme à la cervelle d’or.
  2. Cupidité des gens qui abusent de la générosité du personnage- auteur.

Explication du passage :

De genre épistolaire, Les premiers paragraphes simulent un dialogue : l’ épistolier qui s’exprime à la première personne du singulier écrit une lettre à une dame qu’il vouvoie « En lisant votre lettre, madame ». Elle est le destinataire : (c’est la personne à qui la lettre est adressée). De même, la lettre se termine par une formule de congés : »Telle est, madame, la légende de l’homme à la cervelle d’or ».

Dans cette lettre, l’épistolier exprime ses sentiments et les faire connaître à sa destinataire. Elle a ainsi dans la première partie une fonction affective importante. Bien qu’il s’étonne de sa tristesse : Pourquoi serais-je triste, après tout ? Il est anéanti pour différentes raisons : il broie régulièrement du noir  : couleur un peu trop demi-deuil de mes historiettes,  Paris qui lui envoie des éclaboussures de ses tristesses. Puis il est en deuil, il a perdu son ami Charles Barbara (qui lui inspire en partie la légende de l’homme ….) : je viens d’apprendre la mort misérable du pauvre Charles Barbara ; et mon moulin en est tout en deuil.

Puis débute la légende qui est une histoire vraie d’après son auteur : la légende de L’homme à la cervelle d’or commence par la locution verbale impersonnelle « il y a » et elle ne s’embarrasse pas de vraisemblance scientifique L’enfant naît avec une cervelle d’or. C’est un enfant prodigue. Puis il devient un homme. Toute sa vie, ses proches en profitent (parents, amis et femme) que ce soit de manière consciente ou inconsciente. Toutefois l’homme à la cervelle d’or ne tire pas d’avantages de cette situation : il ne semble pas vraiment heureux (enfance gâchée, cupidité de sa famille et de sa femme, décès de sa femme) et connaît une fin tragique car il semble proche de la mort à la fin du conte.

Conclusion

Cette nouvelle peut se comprendre en partie par cette phrase,  : « Il y a par le monde de pauvres gens qui sont condamnés à vivre de leur cerveau et paient en bel or fin, avec leur moelle et leur substance, les moindres choses de la vie. C’est pour eux une douleur de chaque jour »

Ces pauvres gens, ce sont les créateurs, les écrivains dont c’est le métier, qui souffrent chaque jour pour produire et gagner leur vie. L’homme à la cervelle d’or est donc une métaphore des écrivains (A Daudet et Charles Barbara) qui créent leurs œuvres en épuisant leurs ressources intérieures, jusqu’à ce que celles-ci soient anéanties. Ils signent alors leur mort (réelle ou artistique).

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