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Tout savoir sur l’Incipit avec Germinal de Zola


Tout savoir sur l’Incipit avec l’exemple de « Germinal de Zola »

L’Incipit correspond aux premières lignes du roman : il précise la nature du récit et le genre du texte.

L’incipit est primordial car il donne le ton comme une symphonie : une atmosphère étrange,  une situation extraordinaire, des sentiments violents ou dramatiques, une énigme, un mystère.

L’incipit (il commence) remplit trois fonctions :  il informe, c’est-à-dire qu’il explique et décrit (qui, où, quand), intéresse pour entrer rapidement au coeur de l’action , suscite la curiosité du lecteur et propose un pacte de lecture (la nature du livre).


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Germinal – Zola – Extrait de la première partie chapitre 1

Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n’avait la sensation de l’immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée, au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres.
L’homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup ; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d’un coude, tantôt de l’autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d’est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D’abord, il hésita, pris de crainte ; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.
Un chemin creux s’enfonçait. Tout disparut. L’homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée ; tandis qu’un talus d’herbe s’élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d’une vision de village aux toitures basses et uniformes.
Il fit environ deux cents pas. Brusquement, à un coude du chemin, les feux reparurent près de lui, sans qu’il comprît davantage comment ils brûlaient si haut dans le ciel mort, pareils à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l’arrêter. C’était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d’où se dressait la silhouette d’une cheminée d’usine ; de rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes tristes étaient pendues dehors, à des charpentes dont les bois noircis alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesques ; et, de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait, la respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur, qu’on ne voyait point.

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Questions : le personnage principal est-il présenté ? : oui, il est introduit dans le récit à la troisième personne du singulier  » il ». Nous savons qu’il est ouvrier , qu’il est seul, qu’il cherche du travail, qu’il a froid…;

Le lieu de l’action est-il connu ? : oui, l’action se déroule en extérieur, à la campagne, sur la grande route de Marchiennes à Montsou.

Les sens : la vue est sollicitée avec des tons sombres, obscurs, noirs ainsi que les volumes avec dix kilomètres de pavés, les champs de betterave, un talus d’herbe, un village aux toitures basses, une cheminée d’usine, ….

L’époque de l’action est-elle présentée ? : oui, les circonstances sont relatées : mois de mars (calendrier révolutionnaire),  par une nuit noire et glaciale.

Cet incipit nous intéresse-t-il ? Oui, car il campe une atmosphère, provoque des questions (pourquoi cet homme marche-t-il la nuit avec cette température hivernale ? Qui est-il ?, que porte-t-il, que fait-il ?) ..; et annonce une ou plusieurs thématiques comme  la recherche d’un travail, la solitude, la pauvreté, …

Quel est le contrat de lecture proposé entre l’auteur et le lecteur ? Cet Incipit, indique que c’est un début de récit réaliste : référence à un lieu précis et réel, l’histoire racontée se confond avec la réalité. Son début ‘ in média res » plonge le lecteur dans l’action en cours. La description de la nature permet de suggérer les sentiments et les émotions du personnage (le décor chez Zola suggère la psychologie du personnage). Enfin, l’histoire est racontée au passé.

L’incipit donne envie de lire le texte  : il nous pousse à continuer ou à abandonner. Pour réussir à accrocher l’intérêt du lecteur, l’écrivain doit séduire et retenir  le lecteur, ce qui est le cas pour l’incipit de Germinal de Zola.

Voir l’analyse de Germinal de Zola dans une seconde partie.

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