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Analyse de Germinal de Zola


Analyse de Germinal de Zola

Travail d’analyse du livre Germinal  d’Emile Zola pour les lycéens en classes de seconde et première :

Nous nous demandons tous à l’approche d’un contrôle de connaissances, d’une analyse de textes, par exemple de Germinal de Zola ou des épreuves du bac anticipé de français si nous allons nous poser toutes les bonnes questions et surtout si nous allons savoir approfondir notre analyse convenablement.


Afin de vous y aider,  voici  une analyse de l’incipit  de Germinal de Zola (romancier réaliste et naturaliste) publié en 1885,  avec quelques rappels de questions :

Qu’évoque ce roman de zola ?

Les luttes sociales de la fin du 2eme empire et les événements de 1880 à 1884.

Quelles sont les intentions conscientes de Zola dans cet incipit ?

Zola cherche certainement à nous intriguer (personnage anonyme, pourquoi cet homme entreprend ce voyage en plein coeur de la nuit ?, atmosphère sombre et hostile, quelle est l’identité et le passé du personnage ? ) et à nous émouvoir (l’homme n’est pas couvert et démuni, il est faible et souffrant des mains, sans emploi et sans gîte,..)

 Quels sont les procédés  d’écriture employés par Zola pour nous intriguer et nous émouvoir 

Les procédés lexicaux: 

Reproduction fidèle de la réalité dans la description du lieu avec un vocabulaire (péjoratif ou dépréciatif) riche et imagé avec beaucoup d’informations sur le décor (extérieur, plaine, grande route de Marchiennes, paysage industriel, horizontalité des bâtiments, voix ferrée, talus…. ), les circonstances avec beaucoup de marqueurs spatio-temporels (c’est le mois de mars, vers 2h du matin, depuis 1 heure, sous la nuit sans étoiles, des rafales glacées,..) et d’adjectifs qualificatifs  (rase, noir, creux, immense, aminci, glacés, douloureux..), les compléments circonstanciels, les adverbes, les mouvements ou vers d’action,

Puis vision fantastique : l’enfer minier, obscurité du paysage, vision de l’enfer, symboles de la mort, animalisation du paysage, impression d’étouffement,

 Le point de vue ou focalisation :

la description du début se fait d’un oeil externe, objectif, puis glissement de point de vue :  description de Montsou d’un point de vue interne (vision subjective de l’homme qui a l’espoir de se chauffer les mains).

 Procédés stylistiques :

Nombreux contrastes et antithèses : la nuit glaciale et le ciel mort avec des feux qui brûlent pareils à des lunes fumeuses (métaphore), les feux en plein air (et si haut) avec des constructions basses et écrasées,  lanternes pendues alors que la respiration monte.

La personnification  (le vent est assimilé à un fouet avec les lanières du vent) et de la bâtisse (avec sa respiration grosse et longue)

Nombreuses comparaisons ou analogies : la plaine est vue comme une mer, le pavé à une jetée, le vent glacé aux embruns,

Hyperboles ou exagération : le lieu se transforme en la vision d’un monstre, la fosse devient un personnage.

et nous terminons cette analyse non exhaustive avec 

cette belle Oxymore : des ombres vivantes.

téléchargement

Germinal – Zola – Extrait de la première partie chapitre 1

Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n’avait la sensation de l’immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée, au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres.
L’homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup ; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d’un coude, tantôt de l’autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d’est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D’abord, il hésita, pris de crainte ; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.
Un chemin creux s’enfonçait. Tout disparut. L’homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée ; tandis qu’un talus d’herbe s’élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d’une vision de village aux toitures basses et uniformes.
Il fit environ deux cents pas. Brusquement, à un coude du chemin, les feux reparurent près de lui, sans qu’il comprît davantage comment ils brûlaient si haut dans le ciel mort, pareils à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l’arrêter. C’était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d’où se dressait la silhouette d’une cheminée d’usine ; de rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes tristes étaient pendues dehors, à des charpentes dont les bois noircis alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesques ; et, de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait, la respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur, qu’on ne voyait point.


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